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Dorsale vivante au Tiboulen

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Les Terriens repartent en mer Au début de mars, la Méditerranée n’a rien d’une carte postale. La baie de Marseille reste sous les nuages. Quelques gouttes tombent au départ, puis le ciel se tient, uniformément gris, sans vraiment se lever. La météo marine n’invite pas à l’éparpillement. Une houle de sud-est est installée. Rien d’exceptionnel, mais assez pour compliquer les sorties vers le parc des Calanques ou la Côte Bleue. La navigation se fait sans hâte. Dans ce clapot long, inutile de brusquer le bateau. Dans ces conditions, le Tiboulen de Frioul redevient un choix simple, presque évident. Un site accessible. Un abri relatif. Une possibilité laissée ouverte par la mer. L’approche se fait par l’ouest du rocher. Une bouée attend là, moins utilisée car plus exposée. Ce jour-là pourtant, la houle de sud-est la laisse étonnamment calme. Le tombant nord, plus classique, reste une option connue. Mais ce jour-là, c’est le sud qui attire. Moins fréquenté. Moins raconté aussi. Le ...

Plongée d’hiver

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Après les épisodes pluvieux de ces dernières semaines, le ciel de Provence retrouve enfin son bleu typique grâce à un salutaire petit mistral d’hiver. Le Mako II peut reprendre la mer, notamment grâce aux précieux bons soins des mécanos aux doigts magiques — merci David, merci Christophe. Derrière chaque sortie en mer, il y a des heures de travail discret, offertes sans bruit par ceux qui savent ce que signifie avoir envie de plonger. L’impatience est palpable. Un seul bateau ne suffit pas aujourd’hui. Grâce à Guy et son embarcation, une nouvelle fois, personne ne reste à quai. Cap sur l’Érevine. Une eau annoncée à 13°C. Un air encore vif. On sait déjà que limiter le temps de navigation sera apprécié au retour.

🌊 Mirage aux Moyades

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Encore une fois, le Mako II met le cap sur les Moyades. Le bateau est plein à craquer, au point que Guy a dû sortir son propre semi-rigide. Sur le pont, ça s’affaire, ça plaisante, ça révise les plans de plongée pendant que le soleil grimpe lentement au-dessus de Marseille. La mer est belle, le ciel clair, et le bleu provençal s’orne de petits cumulus légers, promesse des lumières d’hiver que les photographes adorent. Déjà, tout semble briller un peu plus fort.

Retour à Caramassaigne : entre forêts profondes et silences pelés

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Il y a des sites qu’on ne cesse jamais de revisiter. Caramassaigne, au bout de l’île du Riou, est de ceux-là. Depuis plus de dix ans, je descends régulièrement le long de son tombant, happé par la profondeur, guidé par la promesse de ses forêts de gorgones rouges et de ses nuages d’anthias qui vibrent comme une pluie de flammes. Hier encore, nous y sommes retournés. Mais cette fois, j’ai voulu dévier de la route habituelle, quitter les sentiers battus du récif pour chercher ailleurs, plus au sud, plus bas, là où la roche s’ouvre comme une porte vers le silence. L’exploration a tenu ses promesses au début : la richesse de la zone profonde, intacte, m’a saisi. Mais le retour dans les vingt mètres, pelé, désert, a laissé Greg, mon partenaire de plongée du jour, sur sa faim. C'est vrai qu'on a fait de plus belles plongées sur ce site. Mais on y a aussi vu l'effroyable effet du réchauffement climatique.

Petits mystères sous-marins au Cap Caveau

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Le Mistral souffle, la houle commande. Au large de Marseille, la mer impose toujours ses lois, et c’est à Christophe, directeur de plongée, de lire dans ses humeurs. Grâce à son expérience, un choix s’impose : nous mettrons le cap vers la Calanque des Cambrettes, à l’Est de la pointe sud de Pomègues, dans l’archipel du Frioul. Une crique accueillante, protégée, qui offre un mouillage sûr. Le temps de s’équiper, le clapot contre la coque, et déjà l’excitation monte. Dans un instant, nous quitterons les tourments du monde terrestre pour la quiétude des profondeurs. Plonger dans un jardin vivant Dès les premiers mètres, la calanque révèle sa richesse. Même peu profonde, elle déroule un tapis de vie foisonnante : herbiers, roches tapissées d’une faune fixée exubérante, bancs de poissons qui passent comme des éclairs argentés. La Méditerranée, qu’on croit connaître, surprend toujours ceux qui prennent le temps de la regarder. Doris dalmatienne ( Peltodoris atromaculata ) Protule rouge,...

🌙 Carro, de nuit.

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Une semaine après notre dernière plongée nocturne ici, nous devrions revenir à Carro. Le même point d’entrée, la même plage familière. Mais la mer ne répète jamais deux fois la même scène. Le 1er août, c’était une plongée paisible, un peu trop tranquille à l'aller, et donc ... un peu rapide au retour, respect du timing oblige.  Une langouste en balade, une rascasse immobile à l’affût, un crabe araignée des anémones aperçue dans son creux d’ombre. Peu d’images sur la pellicule, mais un puissant souvenir qui donne envie de revenir. Crabe araignée des anémones Ce vendredi soir, nous replongerons dans la même zone. A la recherche du monde de la nuit, mais cette fois, moins loin, moins vite, plus attentifs.

Moyades, récits croisés de blessures et de mémoire

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Une nouvelle fois, le zodiac filait vers l'îlot des Moyades, cette petite perle de calcaire posée à côté du puissant Riou. Nichée au cœur du Parc national des Calanques, ce site en est le joyau. La vie sous-marine abonde ici, maintenant, comme dans les plus belles réserves de Méditerranée.  Comme redeviendra toute la Méditerranée quand l'humain réapprendra la sobriété.

Anse Marlet – Qui de la roussette ou de l'œuf…

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Direction le Frioul en ce premier matin du mois d’août. Mistral modéré, houle d’ouest en formation. Il faut un brin d’acharnement — ou simplement l’envie de croire à sa chance — pour tenter une mise à l’eau à la pointe de Marlet. Mais ici, l’effort est souvent récompensé : c’est un de ces coins discrets où l’on peut croiser une scène rare, presque irréelle, que seule la mer sait offrir. La ville de Marseille a bien fait les choses : une bouée d’amarrage est installée pour les bateaux de plongée. Nous nous y amarrons, heureux de pouvoir limiter notre impact sur les fonds que nous aimons tant. Au-dessus de nous, les martinets noirs entament leurs ballets stridents. Ils sont chez eux, ici. C’est leur falaise, leur nidification, leur saison. Prenons le temps de les observer car le départ pour leurs quartiers d'hiver est pour très bientôt. Leur agitation aérienne semble nous dire qu’ils préféreraient qu’on passe notre chemin. Pas d’inquiétude, petits piafs : on ne veut rien à votre des...

Tête de Chien sur la côte bleue – Une plongée ordinaire, une aventure extraordinaire

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Mistral et houle en embuscade, mais pas de quoi renoncer. Le Parc national des Calanques nous tourne le dos aujourd’hui, inaccessible pour cause de vent et de mer mauvaise. Mais la Côte Bleue, fidèle complice des jours venteux, nous ouvre ses bras rugueux. Le site de la Tête de Chien, tout près de Méjean, nous attend, battu par les vagues et le souffle d’un vent d’ouest à nord-ouest bien établi. Nous embarquons à l’Estaque, sur le Mako II. Le trajet est un rodéo salé, secoués, rincés, mais le cœur léger. La bonne humeur fait office de stabilisateur. Trois palanquées du Mako Club d’Istres , dont la nôtre. Deux autonomes, photographes et vidéastes amateurs, ont embarqué eux aussi, espérant cueillir des éclats de mer avec leurs objectifs. Un relief à flanc de mystère Relief du site, issu des données SHOM    (modèle MNT Litto3D®) . Tracé du parcours du jour. Le site de la Tête de Chien se dévoile par étapes. Un tombant aux allures de muraille, tapissé de vie. Des p...