Plongée d’hiver


Après les épisodes pluvieux de ces dernières semaines, le ciel de Provence retrouve enfin son bleu typique grâce à un salutaire petit mistral d’hiver.

Le Mako II peut reprendre la mer, notamment grâce aux précieux bons soins des mécanos aux doigts magiques — merci David, merci Christophe.
Derrière chaque sortie en mer, il y a des heures de travail discret, offertes sans bruit par ceux qui savent ce que signifie avoir envie de plonger.

L’impatience est palpable.
Un seul bateau ne suffit pas aujourd’hui.
Grâce à Guy et son embarcation, une nouvelle fois, personne ne reste à quai.

Cap sur l’Érevine.

Une eau annoncée à 13°C.

Un air encore vif.
On sait déjà que limiter le temps de navigation sera apprécié au retour.


Un site que l’on connaît… et que l’on redécouvre


 L’Érevine — un site déjà parcouru plusieurs fois.
On le connaît, on l’aime, on en a cartographié les reliefs et les anfractuosités :

Plongée à l’île de l’Érevine – Côte Bleue

Mais chaque plongée est différente.
Chaque plongée lève un nouveau coin du voile sous-marin.

Aujourd’hui, plusieurs palanquées.
Beaucoup de formation.
Et un peu d’exploration pour les N1 : Mathias, Frédéric et Gabrielle.

Mise à l’eau

Petit briefing.
Organisation des rôles.
Dernières vérifications.

Et hop, bascule arrière.

À peine immergés pour le test de lestage, le froid se rappelle à nous.
Direct. Lucide.

Dans une eau à 13°C, rien n’est laissé au hasard.

Nous vérifions l’équilibre un à un.
Respiration posée.
Regard attentif.
Réglages précis.

La palanquée s’organise.
Jean-Marie nous rejoint en serre-file solide — une présence toujours appréciée sur ces plongées en eau parfois plus verte que bleue.

Puis la descente.



Une atmosphère d’hiver

La visibilité est moyenne, conséquence des apports du Rhône après les pluies récentes.
L’eau est plus dense, la lumière plus diffuse.

Le relief familier apparaît différemment.
Les couleurs sont tamisées.
Les contrastes moins éclatants qu’en été.

Les poissons sont là, nombreux, mais comme ralentis par la fraîcheur.

Vers vingt mètres, c'est sûr, on est dans une autre planète.



Une biodiversité bien présente

Gaby repère une étoile de mer glaciaire (Marthasterias glacialis).

Contrairement à sa cousine orange, celle-ci se confond avec la roche et peut atteindre une taille impressionnante.
Elle affectionne les eaux fraîches.
Peut-être est-elle en quête de quelques bivalves pour son déjeuner.
Chacun a sa place dans cet équilibre du vivant.

Et juste à côté, un éclat rouge et blanc attire l’œil.
C’est le fameux corail rouge méditerranéen, un animal fragile.
Longtemps exploité par l’homme, sensible aux variations de température et au réchauffement actuel, il ne prospère que dans des conditions précises.
Le voir ici, à faible profondeur, polypes déployés, est un privilège.

Le corail rouge de Méditerranée


Un peu plus profond, une murène juvénile nous observe depuis sa faille.


Elle se replie prudemment.

Attendant la nuit pour aller chasser.

Sous une voûte protégée, une ponte de calmar ondule doucement. Grappes translucides, délicates.

Les calmars viennent pondre la nuit, puis laissent leurs œufs au bon soin de mère Nature.
La vie continue, même en hiver.



Observer, vraiment

Sur le début du tombant nord, nous nous attardons sur une anémone charnue, moins fréquente que les anémones vertes.

Dans ses tentacules peut se dissimuler la crevette des anémones (Periclimenes sagittifer), presque invisible.

Il faut s’approcher doucement.
Se stabiliser parfaitement.
Attendre.

Sous l’eau, le temps change de rythme.
On passe du “je vois” au “j’observe”.

Aujourd’hui, la crevette ne se montre pas.
Ce sera pour une autre fois.


Un peu plus loin, Jean-Marie déniche un magnifique ver plat rose, un bonheur pour les photographes.
Toujours un plaisir de le voir glisser sur la roche.
Mais le froid aujourd’hui ne laisse pas le temps de réussir la mise au point parfaite.

(Pour une rencontre plus flamboyante avec cette espèce : Rencontre colorée au Tiboulen de Frioul )

En fin de parcours, une mostelle chasse à l’affût dans la partie plus sombre du tombant.


Le tombant nord est toujours aussi magnifiquement recouvert de vie.
Les buissons d’anémones jaunes font penser au mimosa de saison.
On pourrait passer des heures sur un seul mètre carré.
Mais ce froid… toujours ce froid.

Le retour

Il est temps de rentrer.

La remontée est progressive.
Le plateau des trois mètres demande finesse et contrôle de la flottabilité.


Chacun gère calmement.

Le bateau n’apparaît pas immédiatement.
Un échange de regard avec Jean-Marie : envoi du parachute.

Pour certains, c’est une première.
Le briefing avait prévu ce cas de figure.

En surface, le soleil éclate.

Puis un constat :
le zodiac n’est pas juste à côté.
Il va falloir palmer un peu.

Rien de dramatique.
Juste un rappel. Même sur des sites que l’on croit connaître, Neptune nous joue des tours.

Retour au bateau.
Décapelage.
Thé chaud.
Gâteau au chocolat.

Merci Céline 🙂







Liens internes :

🌊 Liens externes :

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tête de Chien sur la côte bleue – Une plongée ordinaire, une aventure extraordinaire

🌊 Mirage aux Moyades

Petits mystères sous-marins au Cap Caveau