Doris de Brito

Petit nudibranche bleu violacé à lignes jaunes, la Doris de Brito mesure généralement de 5 à 20 mm. Son dos porte trois lignes longitudinales, une centrale et deux latérales, qui peuvent se rejoindre et former un réseau irrégulier. Le bord du manteau est blanc et jaune. Les rhinophores sont lamellés, bleu à mauve, avec une ligne blanche verticale sur leur face arrière. Le panache branchial est translucide, parcouru de violet.

Felimida binza

Doris de Brito — Chaouen, Planier
Septembre 2026 — 25 à 30 m.
Repérée par Charly au milieu des éponges.

Fiche bestiole

Groupe : nudibranche, doridien
Taille : 5 à 20 mm, environ 10 mm en moyenne
Où la chercher : en Méditerranée et dans l'Atlantique proche, entre 5 et 30 m, sur le coralligène ou le sable
Régime : éponges, probablement notamment des Darwinellidae
Rhinophores : lamellés, 12 à 20 lamelles, bleu à mauve avec une ligne blanche sur la face arrière
Particularité : hermaphrodite

Violet et jaune… mais laquelle ?

La Doris tachetée mauve (Felimida luteorosea) porte elle aussi du violet et du jaune. Mais chez elle, pas de lignes : le jaune forme de grosses taches bien séparées.

La Doris rose est également mauve avec une bordure jaune, mais son dos est beaucoup plus uniforme : pas de lignes jaunes longitudinales.

La plus trompeuse est sans doute la Doris de Krohn (Rudmania krohni). Elle aussi porte généralement trois lignes claires sur le dos, mais elles sont plus droites et régulières. Chez la Doris de Brito, les lignes latérales peuvent se rejoindre et former des entrelacs. La bordure blanche et jaune du manteau constitue un autre indice.

Et il reste un détail à regarder de près : les rhinophores de la Doris de Brito portent une ligne blanche verticale sur leur face arrière.

Voir, sentir, manger

Les rhinophores ne sont pas seulement utiles au plongeur pour identifier l'animal.

Ce sont des organes sensoriels, principalement sensibles aux molécules chimiques présentes dans l'eau. Ils participent à la détection des proies, des congénères et plus généralement à la perception de l'environnement. Leurs nombreuses lamelles augmentent la surface en contact avec l'eau.

Près de la bouche, d'autres petits appendices, les palpes labiaux, ont une fonction davantage tactile.

Et elle a bien des yeux.

Deux minuscules taches oculaires noires sont situées derrière les rhinophores. Elles sont si discrètes qu'elles ne sont pas toujours visibles sur les photographies.

Pour manger, Felimida binza possède une radula : une sorte de ruban garni de minuscules dents avec lequel elle râpe ses proies. Chez cette espèce, la radula porte plusieurs dizaines de dents de chaque côté.

Des éponges dans le manteau

L'alimentation de la Doris de Brito n'est pas encore connue avec précision. Comme beaucoup de doridiens du même groupe, elle se nourrit d'éponges. DORIS cite notamment des Darwinellidae et présente une observation de deux individus probablement en train de consommer une éponge du genre Chelonaplysilla.

Des glandes défensives sont disposées dans la bande blanche qui borde son manteau. Elles contiennent des métabolites secondaires de type diterpénoïde.

Des travaux consacrés à cette espèce indiquent que ces molécules pourraient provenir des éponges dont elle se nourrit. Des observations publiées en Méditerranée décrivent également Felimida binza prélevant sur les éponges des métabolites défensifs ensuite stockés dans ces glandes.

Quelques millimètres de violet et de jaune, une vingtaine de lamelles sur chaque rhinophore, deux yeux minuscules, des dizaines de dents et des molécules récupérées dans son alimentation.

Pour aller plus loin

DORIS — Doris de Brito, Felimida binza

BioObs — Doris de Brito, Felimida binza

OPK Opistobranquis — Felimida binza

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