Une mystérieuse doris noire - Dendrodoris temarana

Sous les pontons de la Bordelaise, dans l'étang de Thau, les surprises ne se résument pas aux hippocampes. En explorant lentement les herbiers et les organismes fixés, une limace de mer noire attire l'attention.

Sa progression est lente. Son corps semble presque velouté et son large manteau forme une succession de petits lobes qui ondulent doucement au rythme de son déplacement. Deux rhinophores dressés vers l'avant lui donnent une silhouette facilement reconnaissable.

Après la plongée, quelques recherches permettent de comparer cette observation avec les espèces décrites sur plusieurs sites naturalistes. Sans pouvoir l'affirmer avec certitude, il pourrait s'agir de la Doris de Témara (Dendrodoris temarana).

Les spécialistes rappellent toutefois que plusieurs espèces du genre Dendrodoris se ressemblent beaucoup et qu'une identification certaine peut parfois nécessiter un examen anatomique, voire des analyses génétiques. Cette proposition d'identification reste donc prudente.

Les informations disponibles indiquent également une particularité étonnante de ce genre de nudibranches. Contrairement à la plupart de leurs cousins, les Dendrodoris ne possèdent pas de radula, cette sorte de langue râpeuse utilisée pour brouter leur nourriture. Elles se nourriraient principalement d'éponges en sécrétant des enzymes digestives directement sur leurs proies avant d'en absorber les tissus liquéfiés.

Le milieu rencontré ce jour-là correspond d'ailleurs assez bien à cette description. Les pontons de l'étang de Thau abritent une abondance d'éponges, d'ascidies, de bryozoaires et d'autres organismes fixés qui constituent un véritable refuge pour de nombreuses espèces discrètes.

Peu colorée, presque entièrement noire, cette doris ne rivalise pas avec les nudibranches les plus spectaculaires de Méditerranée. Pourtant, lorsqu'elle est observée de près, sa peau finement granuleuse, les lamelles de ses rhinophores et les ondulations de son manteau révèlent une élégance toute particulière.

Comme souvent sous l'eau, les animaux les plus discrets demandent simplement un peu plus de temps... et un regard attentif.


Sources consultées

  • DORIS (FFESSM) ;
  • Sea Slug Forum (archives) ;
  • WoRMS (World Register of Marine Species) ;
  • iNaturalist.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

🌊 Mirage aux Moyades

Tête de Chien sur la côte bleue – Une plongée ordinaire, une aventure extraordinaire

Plongée d’hiver