Felimida luteorosea et la discrète invitée
La première chose qui attire le regard, c'est la couleur.
Le mauve du manteau, les taches jaunes, les rhinophores orangés.
Dans la pénombre du fond, Felimida luteorosea semble avoir capté toute la lumière.
Cette doris, autrefois connue sous le nom de Chromodoris luteorosea, est l'un des nudibranches les plus colorés que l'on puisse rencontrer en Méditerranée. Ses couleurs vives attirent immédiatement l'œil du plongeur et en font un sujet apprécié des photographes sous-marins.
Pourtant, l'image ne raconte pas toute l'histoire.
Juste au-dessus de la doris mauve se promène une seconde silhouette.
Bien plus petite.
Quelques millimètres à peine.
Probablement une doris de Villefranche (Felimare villafranca).
Facile à manquer malgré sa proximité immédiate.
Même lorsqu'on la montre du doigt.
La grande doris attire naturellement toute l'attention, tandis que sa discrète compagne poursuit tranquillement sa route quelques centimètres plus haut.
Ce contraste entre les deux animaux fait tout l'intérêt de la rencontre.
L'une s'impose immédiatement au regard.
L'autre demande un peu plus d'attention.
Qui est Felimida luteorosea ?
Felimida luteorosea appartient à la famille des Chromodorididés, un groupe de nudibranches particulièrement colorés.
Comme tous les nudibranches, il s'agit d'un mollusque gastéropode qui a perdu sa coquille au cours de son évolution.
L'espèce fréquente les fonds rocheux méditerranéens où elle se nourrit principalement d'éponges.
Ses couleurs éclatantes ne cherchent pas à la dissimuler. Elles constituent au contraire un signal destiné aux prédateurs potentiels, indiquant que l'animal possède des défenses chimiques acquises à partir de son alimentation.
Comme la plupart des nudibranches, Felimida luteorosea est hermaphrodite. Après l'accouplement, elle dépose ses œufs sous forme de rubans spiralés que les plongeurs attentifs peuvent parfois découvrir sur les roches voisines.
Regarder un peu plus longtemps
Sous l'eau, certaines rencontres sont spectaculaires.
D'autres demandent simplement un peu plus d'attention.
Cette photographie en est peut-être un exemple.
Le regard se pose d'abord sur la grande doris mauve.
Puis il se promène.
Et découvre une seconde histoire.
Une petite silhouette bleutée, discrète, presque cachée.
Comme souvent en plongée naturaliste, les découvertes ne dépendent pas toujours de la taille de l'animal observé.
Parfois, il suffit simplement de regarder un peu plus longtemps.
Identification de la petite doris : Felimare villafranca (à confirmer).
Photos réalisées à Sausset-les-Pins.
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